الثلاثاء، 25 يناير 2011

القصبة -الجزائر-

_ القصبة:
بنيت خلال العهد العثماني وكانت الجزائر آنذاك إيالة من إيالات الدولة العثمانية
وهي أزقة وبيوت ضيقة ذات طراز معماري رائع
كانت القصبة مركز تجمع الجزائريين خلال الإستعمار الفرنسي وبالتالي مركز ومخبئ الفدائيين والمسبلين


القصبة وجامع "كتشاوة"




الأزقة الضيقة..




بيوت القصبة من الداخل..



قصر خداوج العمياء ( خداوج تسمية محلية لنوع من الزهور يطلقه العاصميون على بناتهم) وهي ابنة حسن خزناجي قائد الأسطول البحري الجزائري في العهد العثماني
ففي احدى رحلاته أحضر لابنته الحسناء مرآة ومن كثرة نظر لالة(بمعنى السيدة النبيلة) خداوج لنفسها في المرآة أصيبت بالعمى وخوفا على ابنته أهدى حسن خزناجي لابنته هذا القصر الذي لا زال يشهد على العهد العثماني ..



قصر رؤساء البحر (قصر الرياس)



الخميس، 20 يناير 2011

Fernand Pouillon....

Fernand Pouillon
    .   Architecture des années 50

puoillon_meudon.jpg



Les réalisation architecturales de Fernand Pouillon ont longtemps été éclipsées par l'attention exclusivement portée au personnage. Haut en couleur, il a connu tour à tour la richesse et la faillite, la célébrité et la prison, les grands de ce monde et la solitude, les louanges et les injures. Avec ses aventures multiples, son goût du luxe et de la provocation, le parfum de scandale qui entoure son mode de vie, ses engagements politiques (il a beaucoup construit en Algérie avant et après l’indépendance qu’il a plus ou moins ouvertement souhaitée), son habitude de dénigrer violemment ses confrères, c'est une personnage à multiples facettes qui, avec une hautaine simplicité, avait l’habitude de se présenter ainsi : "Fernand Pouillon, architecte."
 
En 1947, il réalise la Direction du contrôle sanitaire aux frontières, qui accueille les immigrés, la plupart Algériens débarquant à Marseille et en particulier ceux employés à la reconstruction de la ville. Situé entre Notre-Dame de la Major et le Fort Saint Jean, ce lieu de transit et de contrôle, dit aussi "consigne Pouillon", servit dans l'esprit de ses concepteurs et gestionnaires de "paillasson" pour Marseille, par sa fonction de sélection et d'encadrement de la main d'œuvre "coloniale".
 
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Aix-en-Provence Les 200 Logements
 
Pouillon obtient en 1948, en bataillant contre ses collègues, la direction de la réalisation du projet de reconstruction du quartier du Vieux-Port à Marseille, (détruit par les Allemands en 1942) projet qui lui donnera l'occasion de travailler en association avec Auguste Perret. Pouillon occupera la célèbre agence de la rue Raynouard, à Paris, après la mort du maître, en 1954. Durant toutes les années 1950, il construit de nombreux bâtiments publics à Aix-en-Provence et à Marseille et redessine le port de Bastia, endommagé pendant la guerre. À Marseille, Fernand Pouillon et Le Corbusier répondent simultanément, en 1952, mais de façon radicalement différente, aux programmes de la Reconstruction. À la démarche délibérée de l'insertion dans un site historique de Pouillon répond la première application concrète et expérimentale par Le Corbusier de ses propres théories sur l'habitat, élaborées vingt ans plus tôt. Vigoureusement controversés lors de leur réalisation, ces deux immeubles ont aujourd'hui valeur de manifeste et constituent toujours un modèle d'habitat collectif urbain.
 
Pour comprendre le travail de Fernand Pouillon, il est nécessaire de le situer par rapport aux enjeux des années 1950, la grande affaire est celle de la construction du logement pour le plus grand nombre. Dans ces années où l'effort public porte d'abord sur la reconstruction et le développement de l'appareil de production du pays, Fernand Pouillon entreprend un pari ambitieux à Aix-en-Provence : 200 logements à construire en 200 jours pour un budget de 200 millions de francs. Utilisant la pierre et des plans économiques mais de qualité, Pouillon gagne son pari.

Diar es Saada - Clic pour zoomer
Grâce à la confiance de Jacques Chevallier, maire d’Alger, Pouillon reçoit les plus importantes commandes jamais passées à un architecte en Algérie : des milliers d’appartements, des centres commerciaux, des écoles s’édifieront rapidement. L’opération culminera avec le complexe Climat de France, 3 500 appartements regroupés autour d’une cour en longueur, bientôt baptisée les 200 Colonnes par ses habitants.

 
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Boulogne-Billancourt - Le Point du Jour
 
Le lancement par le gouvernement d'une campagne d'envergure de construction de logement social à partir de 1954 va porter l'entreprenant architecte à l'apogée de sa carrière. Il crée en 1954 le Comptoir national du logement (CNL), destiné à permettre la construction de logements en accession à la propriété et en devient l'architecte en chef. Fernand Pouillon conçoit des ensembles remarquables à Pantin, Montrouge, Boulogne-Billancourt et Meudon-la-Forêt. Parce qu’elles sont construites à une rapidité qui nous semble aujourd’hui exceptionnelle, qu’elles se situent dans une même aire géographique - la région parisienne - et parce qu’elles procèdent des mêmes principes architecturaux et urbains, ces quatre opérations nous confrontent à une situation de laboratoire et permettent de comprendre les modes de composition de l’architecte. Choix de figures " fermées " créant des " paysages intérieurs ", suites d’espaces réguliers et intelligibles, ordonnances verticales pour lesquelles la pierre est le matériau prédominant, claire expression des moyens constructifs. En 1961, il est au cœur d'une affaire judiciaire retentissante suite à la révélation qu'il est également actionnaire de sociétés périphériques du CNL au moyen de prête-noms. Exclu de sa profession, il s'exile en Algérie et réalise les plans de centaines de milliers de mètres-carrés d'hôtels, de complexes touristiques, de préfectures, de bureaux de postes, de cités universitaires, etc.
 
Dans les années 1970, les préoccupations de Pouillon rencontrent celles de quelques maîtres d’œuvre à la recherche d’un nouveau classicisme, en particulier Aldo Rossi, très attentif aux figures traditionnelles, Ricardo Bofill dont les ensembles se rattachent au courant baroque et Léon Krier, farouche contempteur du mouvement moderne.
 
Amnistié en 1971 par Georges Pompidou, il regagne la France en 1984. Auteur de nombreux ouvrages spécialisés, Fernand Pouillon s’est naturellement consacré à l’organisation urbaine contemporaine mais aussi à l’histoire de l’architecture. Il a ainsi dressé les relevés d’architecture des Beaux de Provence et des hôtels particuliers aixois du XVIIe et XVIIIe siècles. Romancier, il obtient le Prix des Deux Magots pour Les Pierres Sauvages qu’il écrit en prison (1964). Mais ce sont ses Mémoires d’un architecte (1968) qui livreront sa version du trop fameux "scandale Pouillon". Il meurt en 1986 à l’âge de 74 ans dans son château de Belcastel dans l’Aveyron.

السبت، 15 يناير 2011

photos patrimoine













Le langage architectural dans les romans

 Le langage architectural dans les romans de Victor Hugo , de la technique au symbole »



A l’exception de Bug-Jargal, aucun des romans de Victor Hugo n’échappe totalement à ce que son compagnon de voyage, Charles Nodier, appelait le « démon Ogive » [1] , c’est-à-dire à cette passion, à ce « goût violent pour l’architecture » [2] que proclame Gringoire, au livre X de Notre-Dame de Paris, quand, revenu des échecs littéraires et conjugaux, il s’adonne avec une réelle jouissance à l’amour moins perfide des pierres. Une passion que le Victor Hugo raconté s’emploie à faire remonter à l’enfance comme un élan inné, modèle de rétrolecture édifiante d’une destinée :
« A peine avait-il dix ans que, déjà, il tenait pour sacrées la vie et les œuvres de l’homme. Déjà, il voulait qu’on abattît les échafauds et qu’on laissât debout les monuments, déjà il défendait les pierres, où les hommes mettent leur pensée, et les âmes, le livre où Dieu met la sienne. » [3]
En réalité, il semble difficile de dire dans quelles circonstances exactes Victor Hugo entre « en architecture », difficile d’évaluer quel dosage subtil d’expériences vécues (voyages réguliers, fréquentations d’artistes, de spécialistes) et de lectures a présidé à cette vocation qui ne se démentira jamais, ni ne se départira tout à fait de sa tonalité combative, au point de faire apparaître Hugo comme l’un des plus ardents défenseurs de ce qu’il est convenu de désigner aujourd’hui sous le terme de Patrimoine.
Dans Victor Hugo et l’art architectural [4] , Jean Mallion dresse l’inventaire des édifices représentés dans l’ensemble de l’œuvre ; il souligne que, durant les années qui séparent Han d’Islande de Notre-Dame de Paris, Hugo s’est forgé une idée constante et définitive en matière d’esthétique architecturale. Au cours de sa vie ses goûts ne varieront guère : la Renaissance, si mal nommée, signe pour lui la mort de la grande architecture, celle de la pensée de pierre , et les édifices construits ultérieurement, vides de sens, ne méritent que sarcasmes ; la palme revenant sans conteste à la rue de Rivoli dont l’ordonnance rectiligne reste la cible favorite de son ironie.
Le roman hugolien devait s’ouvrir à ce chantier historique, à ce combat pour la mémoire monumentale. Le plaidoyer le plus célèbre est bien évidemment le chapitre « Ceci tuera cela », ajouté au livre V de Notre-Dame de Paris, qui conféra à Hugo la compétence jugée nécessaire pour siéger au Comité des Arts et Monuments. L’entrelacs métaphorique qui structure ce texte développe la doctrine de l’unité des arts. Premier d’entre eux, l’architecture apparaît, au même titre que l’écriture, comme l’expression la plus achevée, résultant de l’union d’une forme et d’une idée. Il nous a semblé intéressant que Hugo ait particulièrement choisi le roman pour représenter et questionner l’art architectural. La définition étymologique du mot architecture proposée par Daniel Payot, dans Le philosophe et l’architecte, permet une relecture de « Ceci tuera cela » :
« L’étymologie nous apprend qu’il s’agit d’un composé : « tecture » nomme l’action de bâtir [...] ; quant au terme « archè » qui lui est apposé, on le traduit traditionnellement de trois façons : le commencement [...], le commandement [...], le principe [...] L’archè s’ajoute à la tecture. Cet ajout porte tout de suite à conséquence. Il se trouve maintenant en rapport avec ce qui n’est pas d’emblée lui-même, avec ce qui diffère de lui et avec quoi cependant il se compose [...] La simple tecture devient, par ce rapport archi-tecture. Si nous employons, en général, ce mot, nous désignons donc une construction qui n’est pas simple bâtisse : qui en diffère par un supplément d’archè. L’architecture est relation, composition ; l’édifice architectural est une construction supplémentaire. » [5]
Pour représenter un édifice, chaumière ou palais, le texte romanesque s’affiche, lui aussi, comme construction supplémentaire, supplément de mots et supplément de sens qu’exhibe la description architecturale. L’auteur, féru d’architecture, voyageur antiquaire, a recours à un lexique spécialisé qui authentifie les édifices. « Ceci tuera cela » annonce cette mise en scène d’une nomenclature. Pour parler d’architecture, l’auteur interrompt le fil narratif : « Ceci tuera cela » s’engage dans une digression, sentier détourné qui risque de heurter et de lasser les lectrices [6] lorsque priorité est donnée au texte descriptif, voire explicatif. Entre cet appendice, cet inventaire supplémentaire et le projet romanesque existe une tension. Comment l’objet architectural s’insère-t-il dans le roman, comment en devient-il un élément signifiant ?
Enfin, le chapitre « Ceci tuera cela » confère au roman une dimension poétique et philosophique. Lorsque Hugo confronte les « deux livres, deux registres, deux testaments » de l’Humanité : « la bible de pierre et la bible de papier », il célèbre le même élan créateur. Sa réflexion théorique recourt systématiquement aux métaphores et aux symboles. La symbiose entre architecture et écriture s’opère à travers une rhétorique, un savoir-faire qui signe l’acte de création. Un supplément de mots
Ce sont les mots, matériau linguistique, qui nomment et élèvent l’édifice. Dans tous les romans, la présence de l’architecture se manifeste à travers un réseau toponymique précis ; y compris la lointaine Norvège, références bibliographiques à l’appui, y compris même l’Océan avec ses écueils, « ces maisons de la vague » [7] , chaque lieu est figuré par des constructions réelles, des bâtiments choisis pour leur valeur emblématique capable d’assurer l’ancrage géographique et historique de la fiction romanesque mais également d’authentifier, comme par contamination, les édifices imaginaires. Des fenêtres du palais de Corleone-lodge qui n’existe pas, il est possible de découvrir « parfois une rivière qui était la Tamise, parfois une grosse tour qui était Windsor. » [8] . Symboliquement, Quatrevingt-treize oppose Paris à la Vendée et la salle des Tuileries, où siège la Convention, à la Tourgue. De même que les Tuileries, la Tourgue résulte d’une histoire architecturale, histoire orientée, selon les époques, vers la défense ou vers l’esthétique. Château-fort, elle recèle des pièges et des passages secrets conformes à « la tradition du pays » [9] ; certaines particularités la rapprochent de sites connus, visités par Hugo. Les maîtres du lieu, les princes Gauvain, agissent comme les plus grandes familles du pays, leur demeure s’apparente donc aux châteaux qui ont marqué l’histoire. L’évolution de la Tourgue s’explique par le besoin de « copier Versailles » [10] ; à la tour médiévale fut ajouté un pont sur piles et « sur ces piles, on construisit, comme à Chenonceaux, un édifice en style Mansard, plus logeable » [11] . Il n’est pas jusqu’au nom de la bastille familiale qui ne prenne son sens dans une tradition : l’étymologie des mots travaillés par l’usure ou l’impropriété garantit une forme d’historicité :
« La Tourgue, abréviation paysanne, signifie la Tour-Gauvain, de même que la Jupelle signifie la Jupellière, et que ce nom d’un bossu chef de bande , Pinson-le-Tort, signifie Pinson-le-Tortu. » [12]
Si, comme d’autres écrivains de son époque, Hugo se trouve affecté, selon Philippe Hamon, d’une maladie, « celle de « voir l’architecture » » [13] , plus que d’autres, il construit sa représentation architecturale, en jouant des règles de la perspective. Du gros plan au détail lointain, le récit adopte parfois une organisation quasi picturale qui n’est pas sans évoquer les œuvres du dessinateur. Notre-Dame, en gros plan, donne son nom au roman, mais ses tours se profilent aussi au point de fuite de nombreuses descriptions de Paris. Les dômes de la Salpétrière, des Invalides ou du Val de Grâce se découpent aussi dans le ciel parisien et leur évocation, si brève soit-elle, semble garantir l’existence des édifices de premier plan que sont la masure Gorbeau ou le couvent du Petit Picpus. L’œil est comme attiré vers le détail vrai. A la vision en hauteur souvent étudiée chez Hugo, il serait possible d’adjoindre le goût de la répartition des volumes, le jeu des plans et des découpages.
Tous les édifices, œuvres monumentales ou simples bâtisses, prennent forme grâce à un vocabulaire technique, un lexique spécifique qui compte environ 350 mots dont la plupart sont présents dans Notre-Dame de Paris. Ce lexique comporte une désignation des édifices selon leur appartenance à l’une des catégories que définit le Dictionnaire Encyclopédique Larousse du XIX° siècle :
- l’architecture religieuse (différents cultes, monuments funéraires)
- l’architecture civile (habitations privées, édifices publics, édifices commerciaux, prisons, hôpitaux et lieux de spectacle)
- l’architecture militaire (édifices fortifiés, ouvrages défensifs)
- l’architecture hydraulique (ponts, phares, quais)
Il faut ajouter à cela un très grand nombre de termes monosémiques relevant de l’architecture ornementale, extraits d’ouvrages spécialisés ou de dictionnaires, désignant les façades, les éléments en saillie, les arcs, les renforts, les ouvertures, les escaliers et les motifs ornementaux.
L’importance de ce vocabulaire fait de la description architecturale le lieu d’une mise en scène du savoir et de la compétence linguistique. Elle est dépositaire d’une connaissance et de sa transposition ; elle reproduit d’ailleurs la démarche scientifique de l’archéologie. Nommer, décrire et classer furent les taches essentielles des sociétés savantes « qui accomplissaient, écrit Françoise Bercé, la même démarche fondatrice que Linné et ses disciples définissant une taxinomie des espèces naturelles. La mémoire nationale pouvait, dès lors, être enrichie de tous les monuments reconnus, nommés, inventoriés. » [14] . Les interventions de Hugo au Comité des Monuments vont dans le même sens puisqu’elles portent sur la nécessité de travailler sur la terminologie, en particulier « pour les diverses parties architectoniques des monuments » [15] . Plus encore, il souhaite allier le mot à la représentation graphique, comme le mentionne le compte rendu de séance : « Il croit que la désignation du cintre par exemple, sera toujours insuffisante, en quelque bon style qu’elle soit faite, car il y a au moins quatre types de cintres très difficiles, sinon impossibles à décrire. Il désire donc qu’on dresse pour les formes architectoniques une série d’alphabets chronologiques comme on le fera pour les formes paléographiques. » [16]
Même au sein des contraintes fictionnelles, l’œuvre littéraire traduit l’œuvre architecturale au plus juste ; le savoir-faire linguistique rend hommage au savoir-faire technique et artistique, non sans risques. En effet, la spécialisation des termes retient l’attention du lecteur, au détriment de l’objet représenté ; les marques les plus évidentes de l’illusion référentielle « déréalisent » la représentation. Soit, la lecture procède par recoupement ou contiguïté sémantique vers une signification qui n’exclut pas l’approximation. En l’absence d’élucidation, les mots « pouquelaie » ou « arradash », par exemple, transmuent leur opacité en fragment poétique. Soit, le langage architectural s’accompagne d’un discours métalinguistique, le texte descriptif tourne à l’explicatif et subit une sorte de dédoublement pour « parler des mots au lieu de parler des choses » [17] . La description lexicale se superpose à la description architecturale par des procédés d’équivalences, des recours aux analogies et à la glose :
« ...des patios à l’espagnole, qui sont de petites cours quadrangulaires entre de grands bâtiments » [18]
« Une retirade valait mieux. Une retirade, c’est un retranchement à angle rentrant, sorte de barricade chevronnée... » [19]
Il va de soi que la présence de définitions, d’explications, de reformulations conduit à une inflation du texte descriptif. Amateur et érudit, Hugo intègre la langue de l’architecture en tant que matériau de base, indispensable à la crédibilité de sa représentation, non sans excès. Mais architecte lui-même, il ne peut perdre de vue la structure de son propre édifice qui répond à de semblables critères d’équilibre, de proportion au service d’une dynamique narrative. La description architecturale : une construction supplémentaire
Décrire un édifice met en jeu toutes les opérations de lecture du réel, de la transposition à l’interprétation, de l’appréciation technique à l’évaluation esthétique, au risque de ménager dans le roman des moments « hors-texte » qui dérogent parfois aux impératifs narratifs, puisque, comme le rappelle Philippe Hamon : « Qui dit récit, dit transformation et orientation. » [20] . Ce postulat souligne d’emblée le dilemme essentiel qui sous-tend les rapports de la représentation architecturale et de la narrativité. Comme tout autre sujet de description (portrait, paysage...), la description architecturale oppose un « état des lieux » statique à la conduite du projet romanesque. Plus que tout autre objet de description, elle concentre un certain nombre d’objectifs : le souci didactique de transmettre le mot juste, l’outil adéquat, le discours normatif d’un jugement esthétique commentant une œuvre tout en la reconstruisant par l’écriture. Autant d’exigences qui multiplient les tensions au sein de la cohérence romanesque en modifiant l’attitude du lecteur attentif aux structures syntaxiques et logiques du récit, attitude qui peut aller jusqu’au rejet pur et simple du passage. Rappelons ici les critiques acerbes formulées par Barbey d’Aurevilly à l’encontre des digressions et descriptions hugoliennes, accusées de déséquilibrer, voire de dénaturer le roman :
« Lui, l’architecte amoureux de l’architecture, mais que l’architecture n’aime pas, n’a jamais compris l’harmonie qu’en vers [...] Dans le premier volume de l’Homme qui rit, il ne bâtit pas : il plaque. Faiseur par pièces et par morceaux, il coupe le fil à son récit et à ses personnages avec des dissertations abominables, dans lesquelles se débattent, comme dans un chaos, les prétentions d’un Trissotin colossal. » [21]
Barbey d’Aurevilly fustige le grand esprit qui s’abaisse à « des besognes inférieures de pédant et de faiseur de dictionnaires » [22] . La teneur polémique du propos et le conservatisme militant mis à part, reste le reproche fondamental qui considère tout effet de liste comme un sentier dévoyé de l’écriture romanesque. Si nous opposons à cette lecture celle de Michel Butor, nous constatons une curieuse symétrie qui a précisément pour axe la métaphore architecturale. L’excursus descriptif ou réflexif est analysé comme une ligne perpendiculaire de la narration hugolienne ; le rapport qui ferait de cette « parenthèse » un simple détail de l’ensemble est inversé :
« Celle-ci est la fenêtre d’un édifice qui permet de voir le passage à l’intérieur duquel celui-ci est construit. Nous n’avons nullement là un détail agrandi de l’anecdote, mais au contraire ce dont cette anecdote n’est qu’un détail... » [23]
Autre époque, autre lecture : au « placage » répond le « massif » ; le roman est perçu comme une totalité signifiante.
Il est vrai que nombre de descriptions d’édifices succombent à la tentation du morceau choisi. D’abord parce qu’elles constituent des chapitres autonomes, depuis le panorama de la ville de Drontheim jusqu’au plan précis et numéroté de la Tourgue, en passant par les livres de Notre-Dame de Paris consacrés à la cathédrale et à la ville, aux édifices repaires que sont Plainmont ou la Jacressarde dans les Travailleurs de la mer. Ensuite, parce que Hugo, quelle soit la taille de la séquence descriptive, se plaît à en souligner les contours, à en accentuer les limites grâce à l’emploi presque systématique de formules introductives et conclusives redondantes. Ce démarquage affirme dans le même temps la posture d’autorité de celui qui décrit, libre d’intervenir au moment opportun, de décider du caractère exhaustif de son texte et même de mettre en parallèle les techniques descriptives. Les chapitres « Paris à vol d’oiseau » et « Une bastille en province » s’achèvent l’un et l’autre par un résumé aussi succinct et dépouillé que le texte qu’il condense est détaillé et documenté ; le croquis succède au tableau comme si s’exprimait là, non sans ironie, tout l’arbitraire de l’écrivain, conscient de ses choix et de ses capacités à les traduire. L’écriture a le pouvoir de construire, de restaurer les édifices, c’est ce qu’affirme, a contrario, le motif récurrent de la démolition :
« Cette ruine est aujourd’hui tout à fait démolie, il n’en reste aucune trace. » [24]
« On a démoli l’ancien palais, ce qui a un peu démoli les anciens usages. » [25]
« Ce serait vainement qu’on chercherait aujourd’hui, dans l’anse du Houmet, la maison de Gilliatt, son jardin, et la crique où il abritait la panse. Le Bû de la rue n’existe plus. » [26]
Les constructions textuelles que sont les descriptions n’existent que le temps d’une lecture.
Tentation du morceau choisi encore parce que pour être à la hauteur de son objet, la description affiche une écriture artiste ou scientifique. Michel Collot a analysé, par exemple, le style baroque des descriptions du palais de Corleone-lodge et du phare d’Eddystone. Il insiste sur « le plaisir que Hugo prend à écrire ces formes capricieuses, qui correspondent si bien à ses propres tendances stylistiques. » [27] . Le phare d’Eddystone est le prétexte à l’édification d’un écueil rhétorique, isolé dans le flux narratif, dont Michel Collot rappelle le caractère superflu. En débordant de broderies architecturales et poétiques, l’édifice et le texte mobilisent le regard :
« On y prodiguait les balcons, les balustres, les tourelles, les logettes, les gloriettes, les girouettes. Ce n’étaient que mascarons, statues, rinceaux, volutes, rondes-bosses, figures et figurines, cartouches avec inscriptions. » [28]
Nourrie des souvenirs du voyageur archéologue ou du lecteur d’ouvrages érudits, la description architecturale ne se contente pas de transposer une œuvre déjà composée, elle mime la densité de l’édifice. Lorsque, devant la chapelle de la rue des Bernardins, Gringoire commente à Frollo, la facture d’un escalier, les mots s’emboîtent comme les degrés de celui-ci, le langage rivalise de technicité avec son modèle par le jeu, sans doute ici ironique, des allitérations et des homéotéleutes :
« Voilà un escalier ! chaque fois que je le vois, je suis heureux. C’est le degré de la manière la plus simple et la plus rare de Paris. Toutes les marches sont par-dessous délardées. Sa beauté et sa simplicité consistent dans les girons de l’une et de l’autre, portant un pied ou environ, qui sont entrelacés, enclavés, emboîtés, enchaînés, enchâssés, entretaillés l’un dans l’autre, et s’entre-mordent d’une façon vraiment ferme et gentille ! » [29]
Néanmoins, à y regarder de plus près, il nous semble qu’aucune description de bâtiment, aussi prolixe et arbitraire soit-elle, n’est totalement inopérante dans la dynamique narrative. L’architecture hugolienne raconte et se raconte. Certains édifices se construisent par étapes, au fil de descriptions partielles ou de points de vue différents. La lecture procède alors par recoupements et reconstitutions : la demeure d’Ursus est une roulotte hybride dont la dénomination ne saurait être exacte et définitive. Une inscription, lisible par tous, permet de l’identifier :
« Les passants pouvaient, par le trou de la lucarne de l’arrière, lire au plafond de la cahute cette enseigne, écrite à l’intérieur, mais visible du dehors, et charbonnée en grosses lettres : URSUS, PHILOSOPHE. » [30]
Cette première description sert de référent aux évocations ultérieures d’une « chose qui était là » que le personnage découvre mais que le lecteur reconnaît. A partir de ces marques originelles et immuables, la carriole pourra subir toutes les transformations, liées à son succès ou à sa déchéance, elle sera toujours identifiable. La description sollicite la mémoire du lecteur, l’édifice s’inscrit dans la durée narrative.
La présence et le regard des personnages dramatisent la représentation architecturale en motivant la description. Ils redéfinissent l’édifice comme lieu de vie , comme espace d’une expérience individuelle ou collective. Michelle Fléchard, parvenue au terme de sa quête douloureuse, voit « sortir de l’extrême horizon une haute tour ». [31] Les caractéristiques architecturales, qui permettent au lecteur d’identifier l’édifice, révèlent au personnage l’horreur de la situation :
« ...et dans la déchirure la tragique bastille, soudainement démasquée, se dressa visible tout entière, donjon, pont, châtelet, éblouissante, horrible, avec la magnifique dorure de l’incendie, réverbéré sur elle de haut en bas. » [32]
Les édifices qui jalonnent leur parcours modèlent les personnages : la quête d’Ordener passe par des sites précis, le condamné à mort est transféré dans trois lieux que son journal mentionne dans ses en-têtes, Jean Valjean, Clubin, Gwynplaine progressent dans des lieux à l’image de leur destinée. L’architecture figure l’ascension ou la perdition, elle marque les étapes de l’initiation et symbolise l’adéquation entre ce que Philippe Hamon appelle « l’habitat » et « l’habitant ». Plusieurs titres de livres en témoignent : « Tel maître, tel logis » dit combien Gillenormand vit encore au XVIII° siècle, « A maison visionnée, habitant visionnaire » explique l’exclusion de Gilliatt. Étranger, il loge dans une maison étrange, isolée, dont il accepte la précarité :
« Ils vivaient seuls, et évités. Ils se suffisaient [...] La maison avait été chétivement réparé, assez pour y vivre. Il ne pleuvait dans les chambres que par les très gros temps [...] La maison était suffisamment meublée de deux coffres de chêne, de deux lits, de six chaises et d’une table, avec ce qu’il faut d’ustensiles. » [33]
Mess Lethierry fait également corps avec sa maison. Il représente la réussite guernesiaise, réussite maritime qui inclut le risque financier. C’est à crédit qu’il a acheté sa maison, les Bravées, dont le nom renforce l’image positive du personnage. Sa situation « entre mer et jardin » résume les centres d’intérêts de ses deux occupants et reproduit aussi la double identité de l’île anglo-normande, accentuant encore l’enracinement de son propriétaire. L’impopularité de Gilliatt, véritable pestiféré logeant dans « une sorte de lazaret » [34] s’oppose à la gloire de Lethierry dont la maison « faisait partie de la muraille même du port » [35] de Saint-Sampson.
Le personnage et l’édifice se façonnent mutuellement : le corps de Quasimodo a été comme modelé par la cathédrale qui l’a vu grandir, l’esprit de Gauvain s’est forgé entre les vieux murs de la bibliothèque du château féodal. Parfois, eux-mêmes actants, les bâtiments connaissent une destinée heureuse ou malheureuse.
Habités, abandonnés, visités, assaillis ou incendiés, les édifices sont bien des lieux de récits qui prêtent leurs structures au déroulement romanesque. Certains détails ont leur importance dans les chemins de traverse du récit ; ils apparaissent comme des motifs narratifs stylisés, souvent annonciateurs des événements à venir. Le sens du roman passe par ces visites guidées et ces écritures de pierre à déchiffrer. Un supplément de sens
Si « l’architecture a été la plus grande écriture du genre humain. » [36] , sa représentation littéraire se doit de multiplier les moyens rhétoriques capables de traduire « un supplément de production, dans une éminence particulière du faire constructeur : dans sa « poésie » » [37] . Peu de descriptions chez Hugo s’en tiennent à leur valeur explicative et référentielle. Le recours aux images, utile à l’élucidation de quelques termes techniques, traduit plus souvent un glissement systématique vers une représentation symbolique. Les mots de l’architecte trouvent un écho poétique qui amplifie le pouvoir figuratif du bâtiment. Il faut rappeler l’image utilisée par Hugo à propos de l’hôtel de ville de Bruxelles : « une fantaisie de poète tombée de la tête d’un architecte » [38] . Une inversion des termes permettrait de définir nombre de descriptions architecturales présentes dans les romans. Personnifications et images anthropomorphiques confèrent aux édifices une dimension métaphorique. Les masures aux allures de vieilles femmes dessinent le portrait du Paris médiéval, de Weymouth ou de Saint-Malo, son double continental :
« Une confusion de tanières de bois sculptées, et vermoulues, ce qui est une autre sculpture, d’informes bâtisses branlantes à surplombs, quelques-unes à piliers, s’appuyant les unes sur les autres pour ne pas tomber au vent de mer, et laissant entre elles les espacements exigus d’une voirie tortue et maladroite, ruelles et carrefours souvent inondés par les marées d’équinoxe, un amoncellement de vieilles maisons grand’mères groupées autour d’une église aïeule, c’était là Weymouth. » [39]
Les baraques de la ruelle Coutanchez, décrites presque dans les mêmes termes, et parmi elles la Jacressarde, offrent le faciès du crime qui s’abrite derrière leurs murs. L’espace métaphorique prolonge le principe de réversibilité et de redondance entre les personnages et les bâtiments. Comme le personnage, l’édifice vieillit et porte les marques de sa décrépitude. Il meurt et sa dépouille hante le paysage : la Tourgue surgit du passé, tel un spectre. A ses côtés subsistent quelques restes de la charpente du corps de logis, « sorte d’ossature à travers laquelle passait le jour, et qui se dressait auprès de la tour, comme un squelette à côté d’un fantôme. » [40] . L’édifice est un corps dont l’anatomie est parfois exhibée sans pudeur ; sa façade comporte des yeux et une bouche, son intérieur révèle des entrailles tortueuses. Le voyageur ou le personnage s’engage dans ce parcours intime, à la limite de la transgression. La même sensualité exacerbée émane des méandres du palais de Corleone-lodge que de la caverne immergée (« le dedans d’un édifice sous mer »)où Gilliatt s’est égaré.
La création métaphorique est favorisée par des analogies, des oppositions. Aux archétypes architecturaux que sont les pyramides, le Labyrinthe et la tour de Babel qui fournissent de nombreuses comparaisons et métaphores, Hugo mêle des références plus prosaïques. Les différents règnes naturels se confondent : l’exemple le plus constant étant le madrépore qui appartient au règne animal mais que sa forme corallienne apparente au règne minéral. Le caractère hybride de l’animal sollicite l’imaginaire et le rapprochement avec toute forme de labyrinthe naturel ou architecturé s’impose facilement.
L’architecture se fait poésie à l’image de la longue liste des châteaux gravée par Ursus sur les parois de sa cahute : chaque château a les contours d’une strophe, architecture poétique pour une poésie architecturale dont se souviendra Gwynplaine :
« Les peintures et les énumérations d’Ursus, ses inventaires lyriques, ses dithyrambes de châteaux, de parcs, de jets d’eau et de colonnades, ses étalages de la richesse et de la puissance, revivaient dans la pensée de Gwynplaine avec le relief d’une réalité mêlée aux nuées. » [41]
Presque un commentaire de Hugo sur sa propre écriture. Le roman trouve dans l’architecture une expression riche qu’il transforme en matériau poétique. Le langage technique et le langage poétique ne s’opposent pas, ils témoignent du même travail, du même goût pour les mots, quelquefois rares et précieux.
L’écriture métaphorique traduit le caractère essentiellement symbolique de l’architecture dont parle Hegel et que le chapitre « Ceci tuera cela » met en évidence :
« Le symbole avait besoin de s’épanouir dans l’édifice.
L’architecture alors se développa avec la pensée humaine ; elle devint géante à mille têtes et à mille bras, et fixa sous une forme éternelle, visible, palpable, tout ce symbolisme flottant. » [42]
La valeur emblématique de l’architecture trouve pleinement son rôle dans la représentation romanesque qui met en scène la société et l’Histoire. L’édifice, « monument et document » [43] , selon la formule de Philippe Hamon, témoigne des structures sociales. Construction babélienne, la société écrase les plus faibles : la verticalité des bâtiments, la répartition de leurs étages, la mention de leurs surplombs organisent cette superposition oppressante. Le vertige saisissant le personnage qui parvient au faîte de l’édifice social est à la mesure de l’espace à franchir :
« Un homme qui s’est endormi dans un trou de taupe et qui se réveille sur la pointe du clocher de Strasbourg ; c’était là Gwynplaine. » [44]
Dans un plan horizontal, l’œuvre bâtie délimite une géographie symbolique des espaces sociaux antithétiques :
« La rue commençait par deux maisons [...] La maison de droite était plutôt un toit qu’une maison, rien de plus chétif ; la muraille était de torchis et le toit de paille ; il y avait plus de chaume que de mur [...] La maison de gauche était large, haute, toute en pierre, avec toit d’ardoises. Fermée aussi. C’était chez le Riche vis-à-vis de Chez le Pauvre [...] Il y avait dans l’hôtel de pierre et dans le logis de chaume la même surdité aux misérables. » [45]
De la ville médiévale au décor urbain du XIX° siècle, les limites n’ont guère évolué et les maisons de pierre restent sourdes. Si l’ascension sociale du personnage prend la forme d’édifices, elle passe aussi par le franchissement des limites figurées par les portes : porte « légitime » et porte « bâtarde », porte « d’apparat » et porte « de souffrance », « grande porte dorée » pour Gwynplaine ; d’autres portes jalonnent l’itinéraire de Jean Valjean.
Mais surtout, l’édifice fixe un moment de l’Histoire, autorise ou dénonce une lecture des événements passés : « L’histoire passe, l’art reste. » [46] . Le défenseur des monuments qu’est Hugo estime la valeur d’un tel témoignage. Dans une note de Notre-Dame de Paris , il plaide pour le Palais des Tuileries qui doit être considéré comme une relique. Porteur des stigmates de l’Histoire, il en est le corps glorifié :
« Les Tuileries ne sont plus simplement un chef-d’œuvre de l’art du seizième siècle, c’est une page de l’histoire du dix-neuvième siècle. Ce palais n’est plus au roi , mais au peuple. Laissons-le tel qu’il est. Notre révolution l’a marqué deux fois au front. Sur l’une de ses façades, il a les boulets du 10 août ; sur l’autre, les boulets du 29 juillet. Il est saint. » [47]
Le lexique architectural a ainsi valeur d’indice archéologique et idéologique. L’histoire, qui ne connaît pas de second plan, affleure dans des détails qui concentrent le passage du temps et l’esprit des siècles. Les modifications architecturales, si souvent développées par Hugo, méritent une interprétation attentive sans quoi le monument échappe à son sens premier. D’ailleurs, les erreurs de l’histoire monumentalisées n’échappent pas au jugement : c’est le « tuyau de poële » de la Bastille ou « la fausse colline monument » de Waterloo. Quant aux barricades, elles se dressent sur un chaos de débris architecturaux. L’histoire en train de se faire a besoin de détruire pour reconstruire.
De Han d’Islande à Quatrevingt-treize, l’histoire a lesté la description architecturale : les tours des châteaux norvégiens prêtaient leurs silhouettes crénelées au décor gothique stylisé, la Tour Gauvain, véritable emblème féodal, construction séculaire, semble, malgré la densité de ses pierres, une représentation politique et idéologique.
Entre langage technique et langage symbolique, la représentation architecturale mime le processus de création qui donne d’abord forme, puis sens à la matière. En construisant comme en écrivant, l’homme ordonne le chaos et, même si son œuvre ne fait figure que de retouche du modèle divin, il prouve son existence en y inscrivant son empreinte. L’architecte et l’écrivain bâtissent un monde auquel ils insufflent l’esprit pour échapper au néant et à l’effacement. Cependant, la pensée analogique qui rapproche d’une part l’architecture divine, la nature, et l’architecture humaine, d’autre part l’architecture et l’écriture, nous semble conduire nécessairement à un troisième rapprochement entre la création littéraire et la création divine. Le modèle architectural ne serait peut-être alors que la médiation nécessaire à la formulation de cette analogie, la tour de Babel de Hugo .
Chantal Brière, groupugo.div.jussieu.fr
Communication au Groupe Hugo du 22 janvier 2000.
-  Remarque : Ce texte comporte ses notes. Il peut être téléchargé soit tel quel soit aux formats MSWord (cliquer ici) ou "pdf" (cliquer là ).

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Fernand Pouillon

Fernand Pouillon: Biographie
Fernand Pouillon est né le 14 mai 1912 à Cancon dans le Lot-et-Garonne où son père, entrepreneur de travaux publics, construit la voie de chemin de fer. Bientôt la famille regagne Marseille, le berceau familial.
C’est en Provence que Fernand Pouillon établira les bases de son savoir-faire et sa notoriété. On peut se reporter utilement à ses « Mémoires d’un architecte » (Ed du Seuil. 1968) pour comprendre l’envol de sa carrière dès le début des Trente Glorieuses. Néanmoins, tandis  que dans les années 1930 ses confrères affrontent un marasme profond, Fernand Pouillon construit déjà beaucoup: un immeuble de trente à quarante logements environ chaque année, toujours bien situé dans les centres villes d’Aix-en-Provence et de Marseille, de 1934 à 1939, alors qu’il a tout juste vingt-deux ans.
Ses premières réalisations montrent déjà son goût pour des proportions et des volumes équilibrés, son attention au détail (serrurerie, coffres de volets roulants par exemple) mais c’est d’une manière encore convenue qu’il utilise les formes, la décoration et des matériaux durables et éprouvés, telles la pierre et la ferronnerie.
Stade d'Aix-en-Provence
C’est avec la réalisation du stade municipal d’Aix-en-Provence en 1946 qu’un vocabulaire véritablement personnel émerge : une modernité en ligne directe et continue de l’histoire de l’architecture et de l’ingénierie, la «mise à jour» de procédés ancestraux de construction, la mise en valeur de chaque matériau par la juste combinaison de tous les matériaux entre eux, la juste adéquation d’une forme à son usage.
Le mariage de tradition et de modernité et la maîtrise de l’ingénierie au service du «sensible» qui se manifestent à partir de ce projet architectural ne quitteront jamais l’esprit de Fernand Pouillon. Toute sa vie il restera ouvert à toutes
 
les techniques, tous les procédés, tous les matériaux, toutes les formes dès lors, et cela est le fondement même de son travail, qu’ils serviront ses objectifs: des prix bon marché et la restitution authentique par les volumes, les formes et les matériaux de ses propres sentiments et aspirations. Par cela même l’attitude de Fernand Pouillon est véritablement celle d’un artiste. La lecture des Pierres Sauvages (ed. du Seuil. 1964) ne laisse aucun doute à ce sujet.

Ses objectifs sont au service de l’architecture, mais ils sont surtout au service de ses semblables.
« …J’ai toujours placé l’œuvre architecturale au service de l’homme, de l’esprit social et de l’économie. J’ai toujours pensé que le respect des prix et la qualité des constructions permettaient d’atteindre deux buts : le premier de donner accès au luxe d’habiter aux plus petits revenus, le second d’assurer une excellente conservation des quartiers aménagés et d’éviter ainsi la clochardisation des grands ensembles dont on a parlé maintes fois ces dernières années… ». 9 janvier 1985. Lettre au maire de la Ville de Créteil.
Le projet du groupe de logements de la Tourette (1948) au-dessus du Vieux-Port de Marseille, voit l’aboutissement décisif de toutes les réflexions de Fernand Pouillon depuis plusieurs années.A partir de cette expérience réussie, il  intégrera à tous ses projets le « bureau de coordination » dont il vient d’inventer le principe et avec lequel aujourd’hui se conçoit toute réalisation architecturale. «La Tourette» confirme également plusieurs dispositifs constants du « système Pouillon »: l’association systématique avec des artistes, céramistes et sculpteurs, et avec des artisans inspirés : ébénistes, serruriers, tailleurs de pierre, l’invention de procédés de construction pour baisser les prix, la création de dispositifs agréables aux habitants : entre autres à la Tourette espagnolette anti-mistral et procédé d’isolation phonique.
 
Aix-en-Provence Deux cents logements
La maturité du «système» culminera aux Deux cents logements d’Aix-en-Provence (1951) avec l’adjonction de délais de réalisation incroyablement courts et de prix incroyablement bas. C’est cette dernière «architecture» de pensée créatrice et d’organisation du travail qui sera désormais mise en œuvre pour tous les projets suivants et notamment à grande échelle pour les cités  Diar Es SaadaDiar El Mahçoul (1953-1954) à Alger. Son parachèvement permettra la mise en œuvre de l’ensemble du Point du Jour à Boulogne-Billancourt (1957-1963). et
Jusqu’à la fin de sa vie l’énergie de Fernand Pouillon sera sans limite. En dehors du fait de construire des milliers de logements simultanément en France, en Algérie et en Iran où il construit notamment deux gares et des cités militaires, il est architecte-conseil du département du Vaucluse et il est professeur à Aix-en-Provence puis à Marseille. Sa collaboration avec ses élèves d’Aix-en-Provence lui fait faire les premiers pas dans deux domaines où il excellera : l’écriture et l’édition de livres d’art. Avec les très beaux dessins de relevés de la ville d’Aix-en-Provence, des lithographies de Léo Marchutz et André Masson, une belle préface de Pierre Dalloz, Fernand Pouillon écrit des pages émouvantes sur  cette ville qu’il aime profondément et édite l’ensemble à compte d’auteur sous le titre « Ordonnances ». Dans les années soixante-dix il créera à Paris la maison d’éditions « Le Jardin de Flore » d’où sortiront trente-six livres d’art en dix ans.
 

Dans le même temps ses pratiques ont beaucoup contrarié le monde de la construction. Les grands projets des immeubles du Vieux-Port de Marseille et des cités algéroises se sont réalisés grâce à l’appui de ministres, hauts-fonctionnaires, ou maires confrontés au gigantesque problème du logement et de la reconstruction de la France. Ils ont trouvé dans les capacités de réaction fulgurantes et appropriées de Fernand Pouillon l’homme qu’il leur faut.
Au milieu des années cinquante la stature de bâtisseur hors norme de Fernand Pouillon est avérée. Bridé dans ses immenses aspirations par une législation et une déontologie étriquées, Fernand Pouillon va créer ses propres «espaces» juridiques et économiques.
En 1955 il crée le CNL, Comptoir National du Logement, une structure commerciale et juridique qui va lui permettre de bâtir, pas seulement comme architecte mais aussi comme promoteur, des milliers de logements à Paris. Puis il rachète les A.C.C.M. une entreprise de fabrication de serrurerie qui deviendra l’entreprise générale de ses chantiers.
Pantin Résidence Victor Hugo
Il réalise d’abord deux très beaux ensembles urbains de trois et cinq cents logements à Pantin (1957) et Montrouge

La vente à des prix inférieurs au marché des presque trois mille logements de la Résidence du Parc à Meudon-la-Forêt
(1958) en pierre et marbre notamment, en accession à la propriété pour des prix très bas (contrat de location-vente qui consistait dans le versement d’un montant correspondant à trois mois de loyer puis au versement d’un loyer modeste pendant vingt-cinq ans).
(1959) se réalise en un mois. C’en est trop. Les pratiques de Fernand Pouillon déstabilisent un univers aux enjeux importants.
Par chance pour ses ennemis, en contournant la législation qui à cette époque interdit aux architectes de «toucher» au domaine de la promotion immobilière,  en ignorant ou en voulant ignorer la nature et l’importance des usages, de la loi et des liens de ce métier avec « le » politique et, absorbé par les projets eux-mêmes, en ne surveillant pas d’assez près des associés peu scrupuleux des règles financières, il leur a laissé des angles d’attaque dont ils se serviront pour interrompre définitivement, ou presque, la carrière de Fernand Pouillon en France.
A partir de 1959 la gestion peu orthodoxe du CNL met la société au bord de la faillite. L’argent manque pour payer les entreprises sur l’opération du Point du Jour à Boulogne-Billancourt. Fernand Pouillon entreprend la vente de tous ses biens pour renflouer le CNL mais l’argent frais ne rentre pas assez rapidement. Il gagne un peu de temps mais n’évite pas le désastre.
Il est arrêté le 5 mars 1961. Le CNL est mis en liquidation.
Le 23 septembre de la même année le Conseil de l’Ordre des Architectes prononce sa radiation à vie du tableau de l’ordre des Architectes.
Le 8 septembre 1962, Fernand Pouillon s’évade de la clinique où il était détenu pour raisons de santé. Le 14 mai 1963 Il se constitue prisonnier pour le jour même plaider lui-même sa défense lors du procès qui vient de s’ouvrir.
Le 13 juillet 1963, il est condamné à quatre ans de prison, ramenés à trois ans par la Cour d’Appel le 15 janvier 1964. Cette dernière condamnation couvre, compte-tenu des réductions automatiques de peine, les vingt-sept mois de prison préventive que Fernand Pouillon vient de faire. Aussi est-il libéré quelques jours plus tard le 24 février 1964. Pour Fernand Pouillon cette condamnation finale au temps de prison préventive est un des «aveux» de son innocence car sauf à se déjuger on ne pouvait lui donner moins. Par ailleurs les chefs d’inculpation d’infractions aux lois sur les sociétés, abus de confiance, escroquerie et recel, ne seront pas retenus par la Cour d’Appel. Subsistent l’abus des biens sociaux, la fausse déclaration de libération de parts et de déclaration notariée mensongère.
Néanmoins comme l’évasion est un acte punissable par la loi, Fernand Pouillon retournera en prison le 5 février 1965. Il sera libéré le 25 février 1965 après une ultime grève de la faim, et amnistié le 12 mai 1971 par un homme qui connaît le dossier pour avoir été dès 1958 le directeur de cabinet du général de Gaulle, puis son premier ministre à partir de 1962, le Président de la République Georges Pompidou.
Pendant ces années de prison, Fernand Pouillon trouve le ressort d’écrire un livre qui affirme son talent d’écrivain. «Les pierres sauvages» publié en 1964, reçoit le prix des Deux-Magots. C’est un livre de chevet pour nombre de personnes dans le monde puisque ce livre, constamment réédité (dernière édition, 2006) a été traduit croyons-nous savoir en plus de trente langues.  Fernand Pouillon écrira en 1980 « …Les plus nombreux considèrent ce livre comme une histoire se rattachant davantage à l’archéologie, à une architecture périmée, à une époque à jamais révolue qui n’a aucun rapport même lointain avec notre temps. Est-il utile de dire que mon intention fut de décrire à travers une aventure exemplaire ce qu’était le métier d’un architecte hier aujourd’hui et demain. Même si l’on avait à ne plus connaître la vraie façon de le pratiquer je désirais que mon message reste comme un témoin gênant au milieu d’une aventure « architecturale » et « urbanistique » dont les relents nauséabonds n’ont pas fini d’être ressentis (souligné par F. Pouillon) … » (Inédit). Il écrit également des chapitres de ses futures « Mémoires d’un architecte ».
En 1964 Fernand Pouillon ne reste pas inactif. A sa sortie de prison Guillaume Gillet (Grand Prix de Rome en 1946) l’accueille dans son agence et lui « prête » ses dessinateurs pour dessiner un projet qui ne sera pas réalisé. Puis Fernand Pouillon dessine un très grand et très beau projet qui ne verra pas le jour, celui de la ville nouvelle de Créteil. Néanmoins c’est bien à Fernand Pouillon que la ville de Créteil doit aujourd’hui d’avoir un lac. Le lac dans le projet de Fernand Pouillon était long de trois kilomètres et demi, transportait des voyageurs, accueillait une église en son milieu, une cité idéale dont on peut être sûr avec lui qu’elle était réalisable au même coût que celui des banlieues que nous connaissons si bien. Cependant l’honnête homme qui l’a appelé sur cette œuvre, Jean Bozel, ancien aide de camp du général de Gaulle, est «débarqué» tandis que Fernand Pouillon, c’est ce qui ressort d’un de ses écrits, reçoit des menaces de mort lui intimant de ne plus œuvrer en France…et par conséquent de quitter le territoire.
Au même moment son ami Jacques Chevallier, l’ancien ministre, député et maire d’Alger qui n’a jamais quitté l’Algérie, l’incite à l’y rejoindre. Fernand Pouillon retrouve donc la maison qu’il occupait au début des années cinquante, villa et agence tout à la fois, la Villa des Arcades, très dégradée par l’occupation militaire française et qu’il restaurera pour la seconde fois, puis qu’il agrandira.
C’est donc l’Algérie qui bénéficiera des compétences de Fernand Pouillon pendant vingt ans, jusqu’en 1984, deux ans avant sa mort. Avec le ministre du tourisme Mohamed Maoui il couvrira le territoire algérien d’hôtels d’affaires ou de tourisme et de complexes balnéaires. Les ministères de la Poste, de l’Enseignement Supérieur, de l’Intérieur, lui confieront aussi des projets.
L’amertume de Fernand Pouillon de n’avoir été sollicité pour sa compétence la plus haute, le logement bon marché, ni par son pays, ni par l’Algérie, quand les besoins étaient si grands, sera immense jusqu’à sa mort.
En 1982 la Biennale de Venise sur le thème de l’architecture dans les pays islamiques rend hommage à son travail, aux côtés de Hassan Fathy, Louis Kahn et Le Corbusier.
Alors qu’il achève triomphalement et dans des délais record en juillet 1982 le chantier de l’hôtel El-Djazaïr à Alger (ex-hôtel Saint-Georges), qui doit être prêt pour les vingt ans de l’Indépendance de l’Algérie, sa fin dans ce pays est pourtant déjà programmée. L’Etat algérien ne paiera jamais, entre autres, les honoraires de ce travail, mettant l’agence de Fernand Pouillon dans l’impossibilité de payer d’abord les charges sociales et les impôts, puis les salaires. Au printemps 1984, Fernand Pouillon renonce à retourner à Alger, abandonnant ce qu’il y possède.
En France les événements se précipitent alors. Fernand Pouillon a bien réintégré le tableau de l’Ordre des Architectes et été élu au Conseil régional de l’Ordre d’Ile de France en 1980 mais la dette fiscale totale datant du CNL lui est toujours réclamée et le montant en est très important. Etablir une agence en France revient à commencer déjà perclus de dettes. Le Président de la République François Mitterrand aura à cœur d’aider  Fernand Pouillon à réintégrer la France et à le réhabiliter en l’élevant au grade d’Officier de la Légion d’Honneur (1984). Ces attentions rassérènent beaucoup Fernand Pouillon.
Lorsqu’il meurt le 24 juillet 1986 dans le château de Belcastel en Aveyron, une ruine très délabrée mais majestueuse qu’il a restaurée pendant sept ans avec une équipe de courageux maçons algériens, Fernand Pouillon n’a rien dessiné de précis pour sa dernière demeure mais il a demandé que son nom n’y figure pas. Pour deux raisons : la première est que nombre de maîtres d’œuvre et d’architectes ont contribué dans l’anonymat total aux paysages architecturaux et urbains que nous aimons, la seconde est que la blessure avec son pays était si grande qu’il ne pouvait imaginer que l’on vienne se recueillir sur sa dépouille quand on l’avait tant mésestimé de son vivant.

 














 

 

 

الجمعة، 14 يناير 2011

قصر خداوج العمياء... تحفة معمارية شاهدة على روعة التراث الجزائري

قصر خداوج العمياء... تحفة معمارية شاهدة على روعة التراث الجزائري

photo_2يعتبر القصر الأثري العتيق ''خداوج العمياء'' الذي يقع بالقصبة العليا بالجزائر العاصمة أسطورة جزائرية حية، وإحدى الروائع المعمارية النادرة الموروثة عن العهد العثماني.
ورغم مرور خمسة قرون على بنائه، إلاّ أنّه يبقى شامخا وشاهدا على عراقة وأصالة التراث الجزائري.
 يقع قصر خداوج العمياء المعروف باسم دار البكري في حي سوق الجمعة بالقصبة السفلى، وقد سمي هذا الأخير بهذا الإسم نسبة إلى السوق الأسبوعية التي كانت تنظم كل يوم جمعة إبان العهد العثماني.
وتذكر بعض المراجع التاريخية أن تشييد القصر تم حوالي سنة 1570 م بمبادرة  من أحد ضباط البحرية الجزائرية "يحي رايس"، في حين تذهب مراجع أخرى إلى اعتبار القصر من ممتلكات حسن خزناجي  وهو أحد أعضاء الديوان "الخزينة" لدى الداي "محمد بن عثمان" وذلك في سنة 1792 ، حيث اشترى حسان خزناجي عدة بنايات بجوار القصر ، وألحقها به حسب ما أوضحته عمليات الترميم التي كشفت عن تلك البنايات ، وقام بإثرائه وتنميقه ليهديه إلى ابنته خداوج.
وحسب المعطيات المتوافرة فإن لخداوج أسطورة تتلخص في فقدانها البصر عندما كانت تنظر إلى نفسها في المرآة معجبة بجمالها، ومن ثمة أصبحت خداوج تكنى بالعمياء وصار القصر معروفا بدار خداوج  نسبة إليها.



ويحتوي قصر خداوج العمياء على السقيفة الكبيرة وهي ممر طويل ذو سقف مقبب وسمكي الشكل ، ينتهي على جانبيه بأقواس جدارية مجوفة ومحمولة على أعمدة رخامية وعدد الأقواس الجدارية من جهة اليسار هو أربعة أقواس ، مفصولة بثلاثة أعمدة و كل عمود يأخذ ش كلا حلزونيا ويبدو للناظر فيه أنه ثلاثي لكنه في الواقع عمود واحد ، كما تستند تلك الأعمدة في نهايتها على مقعد رخامي بالطريقة ذاتها  من جهة اليسار وتكسو الرواق على جانبيه مربعات من الزليج
كشفت أعمال الترميم المجرات على مستوى بيت الصابون عن بقايا بناءات منظمة على شكل خندق مياه اتضح بأنه كان مستغلا كمطبخ ، يحتوي القبو أيضا على حوض صغير مربع الشكل تميل زاويتين منه بدرجة 45 مزخرف بالخزف وهذا ما حمل على الاعتقاد بأنه محرزة بئر.
photo_3ويتوسط القصر صحن مربع الشكل مفروش ببلاط رخامي ومحاط في جوانبه الأربعة بأروقة وتؤدي إلى كل رواق أربعة مداخل  تفصل بينها أعمدة رخامية للوصول إلى غرفة مستطيلة  مع الإشارة إلى أن الغرفة الواقعة إلى الجناح الغربي من صحن القصر قد أدخلت على نمطها المعماري تغيرات وذلك خلال سنة 1860 م ، ويمكن ملاحظة تلك التغيرات من  خلال السقف المزين  والمصنوع من الجبس المزدان بالألوان  والمحاط بمربعات الزليج
أما الطابق القاني فيكون الوصول إليه بانتهاج مدخل يؤدي إلى أدراج منتظمة في أربعة اتجاهات يعلوها سقق بيضاوي مقبب ، ويتخلل تلك الاتجاهات مخزنين منتصفي الارتفاع ويعرف هذا النوع من المخازن بالبرطوس
أما رواق الطابق الثاني فهو محاط أيضا بسلسلة من الأقواس المحمولة على أعمدة رخامية نصفها الأعلى ذو شكل حلزوني ويشكل الرواق بمحيطه المربع شرفة مطلة على صحن البيت وسط الدار  
وما يشد الانتباه في هذا الطابق الغرفة الكبيرة أو غرفة الاستقبال التي استحدثت في سنة 1860 م لما في سقفها من زخرفة فخمة وقباب محرومة صنعت من مادة الجبس المنقوش وغطيت بالزجاج إلى جانب البلاط الخشبي الذي ازدانت به أرضيتها.
في سنة 1947  خصص قصر خداوج العمياء من أجل المصلحة التقنية للحرف التقليدية  الجزائرية التي اهتمت بالفنون الشعبية فأنشأت ورشات للنشاطات الحرفية الخاصة بكل منطقة وأقامت بالقصر معرضا دائما لذلك .
photo_4
وفي سنة1961 م استغل القصر كمتحف للفنون الشعبية ، ليصبح عام 1987 متحفا وطنيا للفنون والتقاليد الشعبية يضم آلاف التحف الفنية التقليدية من أجل ذلك صبت فرقة من الباحثين الأثريين والاجتماعيين والمعماريين الموظفين بالمتحف اهتمامها للصيانة والحفاظ على مجموعات المتحف الوطني للفنون والتقاليد الشعبية الممثلة في الحلي والنحاس والنسيج والألبسة والزرابي والسلال  ولايزال المتحف يثري مجموعاته عن طريق الإقتناءات والهبات .

اليكم بعض الصور:


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منقول من احد المنتديات

Trois facteurs dans l’architecture du langage

Trois facteurs dans l’architecture du langage *

Noam Chomsky

VOThree Factors in Language Design, Linguistic Inquiry 36(1), 2005, 1-22.
VF : Nouveaux cahiers de linguistique française 27(2006), 1-32.
Traduction : Anne Reboul

Résumé

La perspective biolinguistique considère la faculté de langage comme un « organe du corps », au même titre que les autres systèmes cognitifs. En l’adoptant, nous nous attendons à trouver trois facteurs qui interagissent pour déterminer les langages(-I) obtenus : la dotation génétique (le sujet de la Grammaire Universelle), l’expérience et les principes qui sont indépendants du langage, voire de l’organisme. La recherche s’est naturellement centrée sur les langues-I et sur GU, les problèmes de l’adéquation descriptive et explicative. L’approche des Principes et des Paramètres a rendu possible l’investigation sérieuse du troisième facteur et la tentative de rendre compte des propriétés linguistiques en termes de considérations générales d’efficacité computationelle, éliminant une partie de la technologie considérée comme spécifique au langage et fournissant une explication plus systématique des phénomènes linguistiques.